Ma playlist

free music

Je cite :

L'amour n'a jamais été regardant qu'en à ses premiers aliments.

Les premières conversations tiennent de petits pots de bébé. Peu importe les ingrédients, c'est d'autre chose qu'on parle.

L'amour défie les lois de la diététique, il se nourrit de tout et un rien le nourrit.

On a vu d'authentiques passions naître de conversation si pauvre en protéines qu'elles tenaient à peine sur leurs jambes.

Daniel Pennac (“Mr Malaussène”)

- "Please, would you tell me," said Alice, a little timidly, ... "why your cat grins like that?"
- "It's a Cheshire cat," said the Duchess, "and that's why."
- "But I don't want to go among mad people," Alice remarked.
- "Oh, you can't help that," said the Cat: "We're all mad here. I'm mad. You're mad."
- "How do you know I'm mad?" said Alice.
- "You must be," said the Cat, "or you wouldn't have come here."

Alice didn't think that proved it at all: however she went on. "And how do you know that you're mad?"
- "To begin with," said the Cat, "a dog's not mad. You grant that?"
- "I suppose so," said Alice
- "Well, then, " the Cat went on, "you see a dog growls when it's angry, and wags its tail when it's pleased. Now I growl when I'm pleased, and wag my tail when I'm angry. Therefore I'm mad."

Alice in Wonderland
Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /Juil /2008 18:00

Le jour où ma vie a changée…

Bien que du temps soit passé, les souvenirs sont nets, précis, comme gravés dans ma chair.

Ils sont gravés dans mes os.

 

Matin de boulot, stress et fatigue.

Une opération de montage chez un fournisseur.

Ma main blanche, posée sur une pièce de résine orangée.

Ma main comme un coquillage, fragile et transparente.

Et mon collègue aux commandes de la machine.

Et la barre métallique qui tourne, lentement, inexorablement.

Qui se rapproche de ma main.

Lentement, inexorablement.

 

Et ma surprise quand ma main se retrouve pincée.

Un moment de flottement, un arrêt de mon cerveau.

Une demi-seconde pour comprendre, une éternité.

Et la barre qui continue son chemin, lentement, inexorablement.

Flottement.

 

Puis le craquement.

Comme une bouchée de céréales au petit déjeuner.

Crack ! Un bruit sec, de brindille sous le pied d’un chercheur de champignon.

Le craquement de mon os.

Et instantanément, la compréhension, le flash de mon cerveau.

La compréhension.

Je vais entendre mes tous mes os craquer, les uns après les autres.

Et puis ça la barre va me trancher les doigts.

Je vais les voir tomber, le sang couler.

Et mon cri, de peur, de douleur, de panique, en boucle, sans queue ni tête.

 

La machine qui s’arrête, qui repart en arrière, qui libère ma main.

Je tiens mon bras de l’autre main, comme un corps étranger, comme un animal étrange et renié.

Je regarde le sang couler le long de mon poignet.

Une goutte s’écrase par terre. Je regard la tâche dans la poussière, comme une toile de pop art.

La poussière grise, l’éclaboussure rouge sombre.

 

Mon cerveau tourne à fond, je liste le nombre de chose de ma vie qui me sont finis avec plus qu’un pouce et un auriculaire.

Plus de musique.

Plus d’escalade.

Plus de vie autonome.

Plus de boulot.

 

Je sens que je vais m’évanouir.

Je me pose au sol, les jambes en l’air.

Mes collègues tournent en rond, choqués, déboussolés.

Je me reprends en main, je plaisante : heureusement que je me branle de la main gauche !

Au fond de moi, j’espère que ce n’est qu’une plaisanterie macabre.

Elle a un goût amer de terreur et de désespoir.

 

Puis l’appel des secours.

L’attente.

Mes doigts qui noircissent. Qui nécrosent peut-être déjà ?

L’attente, longue.

Le retour en ambulance, les urgences.

Les soins, les radios.

Et enfin, quatre heures après, le verdict : « juste » une fracture.

Un point, un ou deux mois d’atèle, trois de rééducation.

 

La vie que j’aurai pu avoir a défilé.

En substance, je l’ai vécu, et chaque geste simple et quotidien me la rappelle.

En comparaison ma vie, la vraie, la réelle, malgré toute les imperfections que je peux lui trouver, je la chéri.

Je ne crois pas en Dieu, mais je suis passé près d’un absolu proche de la religion.

Un absolu de la vie et de la mort.

J’espère toujours garder cette compréhension, comme une ombre qui me hantera parfois, mais qui sera un contre-poids tous mes excès.

Par ßeeplus - Publié dans : Ma vie, mon oeuvre
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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /Juin /2008 08:00

En rentrant ce soir là, le ciel fondait sur la ville.

Les pavés miroitaient et chantonnaient sous la pluie.

 

J'ai décidé de marcher, âme noire sous mon parapluie.

Peut-être par envie de prolonger la douceur de cette soirée, peut-être par envie de prolonger la douceur de cette soirée, peut-être par envie de rester protégé dans mon anonymat et de ne pas figer mes traits dans le masque des transports en commun, peut-être tout simplement par amour pour la pluie.

 

Le ciel se déchaînait, j’étais heureux, fluide, libre comme cette eau qui serpentait dans les ruelles, sauvage, léger.

 

Je ne voulais voir personne, jouir seul de ce moment d’intimité avec moi-même, ou peut-être, qui sait ?, avoir l’audace de proposer mon abri à une jeune femme sans protection, lui chanter quelques couplets de la chanson de Brassens, et de l’abandonner là en lui laissant la tête pleine d’interrogations.

 

Peut-être que la Beauté Fatale a raison, peut-être ne suis-je pas normal, de choisir de marcher sous la pluie, alors que la facilité commanderai d’attendre au sec le prochain tram.

 

Ou peut-être suis-je libre.

 

La pluie apaise mes peines, comme une présence amie qui nettoie et fait briller la rue de mon âme.

J’aime passionnément la pluie, j’aime la douce mélancolie qu’elle installe en moi, j’aime la solitude qu’elle crée dans la ville.

J’aime le bruit des gouttes qui crépitent, des gouttières qui débordent, des caniveaux qui se gorgent avec violence.

 

Comme j’aimerai avoir avec moi cette fille qui partagerait ce plaisir, qui aurait sur le visage ce même sourire de sérénité, qui se laisserai aller dans la langueur de cette eau frémissante.

 

Que j’aime le son de ces perles qui explosent : dans ma tente en montagne, dans cette grotte à flanc de falaise calcaire, dans les bois anciens, sur mon balcon…

 

Apaisé et serein, nourri à saturation de cet amour que je ne peux pas donner, j’ai envie d’aimer le monde entier, de lui montrer que si simple est la vie avec un peu d’espoir et de pluie.

 

Mais peut-être, sans doute, que si le monde me répondait, il me briserai, et me laisserai seul, le cœur saignant à blanc dans la ruelle, sang et eau se mélant dans leur chemin vers les égouts.

 

Alors je rentre seul, et de mon désir de partage, il ne restera demain que quelques flaques dans mon appartement.

Par ßeeplus - Publié dans : Romans, poésies et autres divagations lyriques...
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 19:54

Que reste-t-il du grand tintamarre du 21 juin ?

 

Quelques images, une bribe de musique qui s’effilochent peu à peu comme une brume au soleil d’un sommet enneigé, des sourires échangés…

 

Un DJ se déchaîne aux platines, jouant de la musique et de l’éclairage comme un stroboscope.

Dans la foule, quelques skinheads ondulent mollement plus ou moins en rythme, la bière bon marché et le canabis les ayant entraînés loin de la réalité.

Dans la foule, quelques gamines de 14 ans à moitiés nues jouent de leurs hanches et de leurs seins naissants, à l’écoute du moindre regard de pré-ado du sexe opposé.

Ca et là, quelques curieux, échoués là par les mystérieux courants du hasard.

Un image : entre les platines et la foule, un enfant de 5 ans.

Il joue à lancer une boîte de bière vide à un berger allemand, qui la lui ramène.

L’enfant lance. Le chien rapporte.

Lancé. Remuage de la queue et regard attentif.

Les actions s’enchaînent en séquence heurtée par la lumière technoïdale, hors de propos, magiques…

 

Une bande qui joue dans le gazon, une foule clairsemée et passive, et juste à côté, trois enfants qui jouent à la musique, dansent, miment les instruments, une petite fille qui se sert de la tête du plus grand comme d’un tambour.

Un concentré de vie, tourbillon sans spectateur, une étrange allégorie de la vie : enfant sans souci, adultes sans éclats.

Comme un film au ralenti, la foule ne semble pas bouger, pendant que dansent et rient les cœurs purs.

 

Un groupe sans sono, coincé entre un rappeur hurlant et un groupe de hard-rock aux enceintes saturées.

Un groupe qui joue presque autant pour eux que pour les quelques amis venus encourager les musiciens.

Un groupe confidentiel, où l’on apprécie la musique qu’au contact ou presque des instruments.

Et par la magie de la curiosité, l’accrétion des passants jusqu’à une foule conséquente.

Et par la magie de la musique, des badauds qui dansent, qui rient, qui bis…

 

La Fête de la Musique est moribonde, sans saveur, sans originalité… mais comme toujours avec les hommes, il existe toujours des pépites, des éclats saisissants, qui récompensent de tous les efforts.

Par ßeeplus - Publié dans : Ma vie, mon oeuvre
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Samedi 7 juin 2008 6 07 /06 /Juin /2008 09:55

Il est des fois des samedi irréels (et d’autres jours qui sont aussi irréels, mais le samedi est quand même mieux)…

Il est des samedi qui dansent et d’autres qui reclus.

 

Un samedi, donc, un milieu d’après-midi, il fait chaud et je suis à moitié nu, face à mon écran.

Je transpire, le regard concentré sur l’image, le son baissé à un niveau suffisant pour que les voisins ne puissent pas entendre.

 

Les deux personnages à l’écran luttent, poussent des cris.

 

Haann !

Hiii !

Haaa ! Arrrr ! Huuuum !

 

Peu à peu, la tension monte, au fur et à mesure que les préliminaires laissent place aux choses sérieuses.

La tension monte, monte, monte…

Mon regard est frénétique, mon souffle rauque…

 

Haann !

Hiii ! Oooh ! Haan !

 

Mon corps tout entier se tend vers l’écran, je sens venir l’issue, le dernier va-et-vient, la dernière limite…

Je suis dans la l’attente, je suis prêt, le corps en phase avec l’image…

Ca monte, monte…

Et toujours, ces cris, qui augmente encore l’effet de l’image…

Mais au moment ultime, un son qui brise toute mon attention.

 

Diiing doong ! Ce foutu son, c’est ma sonnette d’entrée.

Merde ! Pas maintenant, je suis occupé !

Je passe un tee-shirt, encore tendu par le spectacle, et vais ouvrir.

 

Ma voisine.

Qui sourit.

Elle commence à parler… puis le sourire s’éteint peu à peu, comme un nuage qui progressivement passe devant un soleil d’automne, la voix chute peu à peu jusqu’au murmure.

Silence.

 

Hiii !

Haaa ! Huuuum !

Ooooh !

 

Un ange passe. Puis un autre. Puis tout un troupeau, vu que le feu piéton est vert…

 

Je souris, de ce sourire un peu stupide des chats qui ont de la crème sur le museau…

Elle, elle ne sourit plus. Mais plus du tout… Et elle parle plus, profitant pleinement du son, bas mais parfaitement audible.

 

Son regard me toise, me méprise…

J’ai envie de lui dire : « eh ! je suis chez moi, je fais ce que je veux ! »

Je fais que sourire.

 

Elle fait volte-face.

On pourrait croire que « volte-face », c’est pour un style plus poétique, mais non, elle ne se retourne pas, elle pivote sur elle-même. Volte-face quoi.

Toc ! Volte face. Elle est partie.

Je suis comme un con devant mon palier vide.

 

Je ferme doucement ma porte.

Reviens devant ma télé.

Et voilà, à cause de cette intrusion, j’ai raté le dernier échange.

Je ne verrai pas cette foutu balle de match entre Nadal et son adversaire.

Je me rassois dans mon canapé.

 

Il y a des samedi, on peut pas se faire plaisir sans être dérangé.

Par ßeeplus - Publié dans : Ma vie, mon oeuvre
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Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /Juin /2008 08:00

Parfois, quand je suis triste, je m’endors avec sérénité en me rappelant que je peux tout arrêter.
Qu’un simple geste peut remettre à zéro la somme des peurs, des doutes.
Ca pourrait être macabre, mais je ne le trouve pas que cela le soit.
Je me sent plus libre, protégé, comme dans un jeu où tu arrêtes la partie quand tu veux, à la différence bien sûr qu’il n’y a pas de sauvegarde.

Quand le désespoir me submerge, quand mon cerveau tourne comme un lion dans sa cage crânienne, quand mon cœur est une scène de guerre et d’orage, alors je trouve la paix en me rappelant la mort.

Finalement, on la côtoie tous les jours, c’est une ombre qui nous suit jusqu’à la fin, pourquoi la craindre ?
De regarder la mort, j’aime la vie, passionnément.
Je joue avec la mort, depuis longtemps.
Je la connais, et je la crains.

Mais dans les moments de tristesse, elle est comme une amie, une présence connue, constante, qui est là avec moi sans jamais m’imposer quoi que ce soit…

Elle tend la main : maintenant ou plus tard, elle sait qu’on sera un jour ensemble.
Et je m’endors avec cette certitude, serrée dans mes bras, et je souris dans mon sommeil.

Par ßeeplus - Publié dans : J'impose ma prose
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